Au cœur de
l’apprentissage
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L’embauche

La première étape d’un parcours en formation duale est l’entrée dans une place d’apprentissage. C’est un enjeu majeur pour les jeunes qui, après avoir choisi un métier, doivent trouver une entreprise et s’y faire engager. Pour les entreprises formatrices, lorsqu’elles ont le choix, identifier la « bonne personne » est également une question centrale, puisqu’il s’agit pour elles de former la relève.

Apprentis lors du contrôle corporel, environ 1930. © Sulzer
Apprentis lors du contrôle corporel, environ 1930. © Sulzer

« Première étape : trouver une place d’apprentissage »

Trouver une place dans une entreprise formatrice est le premier défi que doivent relever les jeunes qui s’orientent vers l’apprentissage à la sortie de l’école obligatoire.

N’ayant souvent pas eu beaucoup de contacts avec le monde professionnel auparavant, elles et ils doivent apprendre, dès l’âge de 15 ans, le b.a.-ba de la postulation, valable tant sur le marché des places d’apprentissage que sur le marché du travail par la suite. En effet, après avoir choisi un métier, il faut savoir préparer son dossier de candidature : élaborer un CV, rédiger une lettre de motivation, passer un test multicheck© demandé par certaines entreprises. Quand leur dossier est retenu, les candidat·e·s à l’apprentissage passent encore par l’étape de l’entretien et souvent par celle d’un stage de quelques jours à une semaine au sein de l’entreprise formatrice. Elles et ils rencontrent les personnes en charge de l’engagement (patron·ne, responsable de formation, formateur ou formatrice en entreprise, ou encore service RH, selon la taille et l’organisation de l’entreprise) ainsi que d’autres employé·e·s. Elles et ils doivent alors trouver la bonne façon de se présenter (tenue, langage, comportement) et de montrer leur motivation, qui donnera envie à un employeur de les engager pour les former.

Durant ce processus, les futur·e·s apprenti·e·s se confrontent à un marché des places d’apprentissage, qui, comme le marché du travail, est concurrentiel. Cela dépend de l’offre et la demande dans le métier choisi. Les candidat·e·s à l’apprentissage envoient donc souvent leur dossier à de nombreuses entreprises avant de décrocher une place, qui ne correspond pas toujours à leur premier choix.

De la recherche d’une place d’apprentissage à son obtention, les jeunes vivent la première étape de ce qu’on appelle la transition de l’école au monde du travail. Elles et ils font des expériences centrales pour la suite de leur parcours professionnel, de l’élaboration d’un CV à la présentation de soi dans un monde qui fait la part belle au savoir-être. Il s’agit d’une étape exigeante qui demande préparation et accompagnement.

« La bonne personne pour le job »

Dans le contexte de l’apprentissage, très bien implanté en Suisse, les entreprises cherchent très régulièrement à engager des apprenti·e·s. Il s’agit alors de trouver la « bonne personne » : celle qui aimera le métier, se plaira dans l’entreprise et deviendra un jour un·e professionnel·le du domaine.

Pour les entreprises formatrices, engager un·e apprenti·e permet de préparer la relève du métier, mais aussi de former un·e futur·e collaborateur ou collaboratrice de l’entreprise. Lors d’un engagement, il est important pour l’entreprise formatrice de ne pas se tromper, d’éviter les difficultés, qui pourraient conduire à une rupture du contrat d’apprentissage quelques mois plus tard.

Face à un·e adolescent·e qui vient de finir sa scolarité obligatoire les personnes en charge du recrutement (les RH dans les grandes entreprises, les personnes formatrices ou encore les patron·ne·s dans les petites et moyennes entreprises) cherchent à identifier ce qui fera un·e « bon·ne apprenti·e ». Pour y parvenir, ces personnes utilisent les résultats obtenus durant la scolarité obligatoire, les résultats à des tests (ex : multicheck©), les évaluations des stages plus ou moins longs faits dans l’entreprise, mais aussi l’entretien d’embauche. Cet entretien est un premier face à face; il permet la rencontre entre les envies, les projets des jeunes et les attentes, les besoins, mais aussi les critères des entreprises. En plus des nombreux critères objectifs déjà présentés (notes, résultats des tests, rapport de stage), d’autres éléments influencent la décision finale (tenue, comportement, langage, feeling).

L’embauche est un moment particulièrement délicat, il comprend le risque de briser les rêves d’avenir des jeunes s’étant projetés dans un métier depuis l’enfance, mais aussi celui d’engager quelqu’un·e qui n’a pas souhaité entrer dans cette profession. En effet, certains métiers attirent moins les jeunes, mais elles ou ils s’y retrouvent pour différentes raisons (pas de place dans le métier rêvé, niveau scolaire insuffisant pour la profession idéale).

Les difficultés